Le steak ne peut plus être végétal en Europe, mais les saucisses et les burgers si
Le 25/06/2026
Photo : RDNE Stock project / PexelsLa situation est l'aboutissement d'un long feuilleton qui oppose depuis plusieurs années les filières de l'élevage et les producteurs d'alternatives végétales. En 2022 et 2024, le gouvernement français, dans un souci de transparence pour le consommateur, tente d'interdire l'utilisation de plusieurs dénominations traditionnellement associées à la viande par des substituts végétaux. Les termes "steak", "escalope" ou encore "jambon" ne peuvent alors plus désigner des produits ne contenant aucune protéine carnée. À chaque fois toutefois, comme en octobre 2024, les mesures ont été suspendues par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) dont la logique est différente.
Selon la CJUE en effet, tant que leur nature végétale est clairement indiquée et qu'aucune confusion n'est possible, un État membre ne peut interdire de manière générale l'usage de ces termes sur des produits végétaux. En résumé, un steak peut être végétal s'il est clairement présenté comme tel.
En juin 2026, le dossier connaît un nouveau rebondissement lorsque le Parlement européen s'en mêle et vote en faveur d'un texte préconisant l'exact contraire de la décision de la CJUE. S'ensuivirent d'âpres tractations entre les institutions européennes, la filière viande, la filière simili-carnée ainsi que les États membres, jusqu'à ce qu'un compromis soit finalement trouvé.
Il est donc décidé que l'appellation "steak" devait désormais être réservée aux seuls produits carnés, tout comme devront l'être les termes "foie" et "bacon". En revanche, les saucisses ainsi que les hamburgers, eux, peuvent continuer à s'appeler "veggie" ou "végétal" sans problème. Les députés européens ont également profité de ce texte pour définir précisément ce qu'est la viande. Sachez ainsi que dans l'Union européenne, on entend spécifiquement par "viande" les « parties comestibles des animaux (...) y compris le sang ».
Cela étant, ceux qui espéraient enfin un dénouement au feuilleton vont être déçus. Pour commencer, le texte doit encore recevoir l'approbation formelle du Conseil de l'Union européenne avant de pouvoir être publié au Journal officiel et ainsi être effectif. Ensuite, il s'avère qu'une large révision de l'Organisation commune des marchés agricoles (OCM) en hypothèque déjà l'avenir. Programmée depuis longtemps pour fin 2027, les réévaluations et réformes qu'elle va inéluctablement amener vont certainement faire bouger quelques lignes. Finalement, la nouvelle n‘est ainsi qu'un sursis pour toutes les parties concernées.








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