L'enseigne McDonald's, accusée de soutenir Israël, est boycottée par les Marocains

L'enseigne McDonald's est en mauvaise posture au Maroc. Accusée de soutenir la politique d'Israël et son armée contre la Palestine, elle est sévèrement sanctionnée par les Marocains. Et dans ce pays, on a une bonne culture du boycott et de son organisation, via les réseaux sociaux notamment. Il est assez bien suivi pour impacter véritablement les entreprises qui en sont la cible.
L'enseigne McDonald's, accusée de soutenir Israël, est boycottée par les Marocains© Palmeris Media

Sur fond de guerre à Gaza, ce sont aujourd'hui les groupes accusés de fournir de l'aide à Israël qui sont visés. Outre la chaîne McDonald's, Carrefour, H&M et Starbucks sont également dans le viseur. Vrai ou faux ? Ces deux derniers doivent plier définitivement bagage à la mi-décembre 2023, au prétexte d'un manque de rentabilité du marché marocain. Pour autant, chacun spécule sur les raisons réelles de ce retrait aussi brutal que soudain, décidé par la filiale marocaine du Koweïtien Al Shaya Group.

À l'origine de la colère des Marocains comme de nombreux habitants de pays arabes, la décision de la filiale israélienne du groupe, Alonyal Limited, de distribuer des repas gratuits aux soldats israéliens début novembre. Sans compter qu'une partie des bénéfices de l'enseigne, aussi marocaine soit-elle, s'envolent vers un pays considéré comme pro-israélien. Le mouvement BDS (Boycott, Divestment, Sanctions) a donc trouvé un écho très favorable dans le pays où un mouvement populaire spontané s'était déjà levé. Chaque semaine depuis le début du conflit début octobre, des manifestations se tiennent à divers endroits du pays.

Quant au géant du fast-food McDonald's, détenu au Maroc par First Rest International, il a décidé de lancer une contre-offensive qualifiée « d'agressive », après quelques jours de silence embarrassé. Réfutant tout soutien à l'offensive israélienne, la franchise revendique son capital 100 % marocain, et sa "nationalité" marocaine à 100 %. Elle ajoute qu'elle génère 3 500 emplois dans le pays et indirectement plusieurs milliers. N'hésitant pas à acheter des espaces sur différents supports, elle a lancé une campagne vidéo jouant sur l'empathie. Bref, les grands moyens sont employés pour contrer les effets néfastes de la colère des Marocains contre la marque, directement liée dans leur esprit au soutien de Washington à Tel-Aviv.

Même si les effets réels du boycott sur les chiffres enregistrés par McDo ne sont pas exposés au grand jour, l'enseigne ne peut nier une baisse significative de la fréquentation de ses restaurants. Quant aux nombreuses tentatives de la chaîne pour retrouver sa blancheur virginale, elle ne convainc pour l'heure pas vraiment les sujets de Sa Majesté Mohammed VI. Malgré une présence dans le royaume chérifien remontant à 1992 et l'implantation actuelle de 70 restaurants, certains prédisent déjà sa chute définitive en cas de prolongation du conflit israélo-palestinien.

Et pour cause, l'impact des campagnes de boycott est redouté au Maroc. En 2018, la firme Danone en avait fait les frais, voyant son chiffre d'affaires s'effondrer de près de 50 % suite à un appel au boycott. Cette année-là, plusieurs entreprises avaient été touchées, à la suite d'une vaste campagne de boycott lancée via les réseaux sociaux. Étaient ciblés le lait de la Centrale Danone, les eaux minérales Sidi Ali et les stations-service Afriquia (appartenant à l'actuel Premier ministre Aziz Akhnanouch, alors ministre de l'Agriculture). Tous trois étaient accusés de profiter de leur position dominante pour faire enfler les prix. L'impact avait été tel que des mesures gouvernementales avaient été prises pour apaiser la colère populaire.

Publié par Sara, le 05/12/2023
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