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Devant le développement
de la restauration rapide, de nombreuses questions sont
soulevées à propos de l'équilibre
alimentaire. Vigilance du consommateur, précautions
des fabricants...
A l'occasion du Salon du sandwich, le
Professeur Bernard Guy-Grand, nutritionniste consultant
à l’Hôtel Dieu de Paris, a analysé
la situation. |
| L’équilibre
nutritionnel est la couverture par l’alimentation
des besoins personnels en énergie et en nutriments
essentiels, sans excès ni carence, afin d’assurer
bien-être et santé. Les modalités
alimentaires influent sur l’obésité,
tout comme la baisse de l’activité physique.
Mais cet équilibre nutritionnel, d'une part, varie
selon les individus (sexe, âge, corpulence...) et
d'autre part, il s’établit sur une journée
ou deux, et non pour chaque repas ou chaque aliment (sachant
que les mauvais aliments sont rares).
Ainsi, le repas de la mi-journée
doit satisfaire la faim, rassasier jusqu’au soir,
éviter un dîner trop copieux, harmoniser
les nutriments et ménager une coupure dans la journée
de travail.
C'est pourquoi les sandwichs doivent
être jugés sur les critères suivants
:
- le contenu énergétique
- la densité énergétique (la satiété
réclame un certain volume alimentaire et plus les
aliments sont denses, plus l’individu aura tendance
à en absorber davantage pour atteindre ce volume)
- les contenus absolus et relatifs en graisses et protéines
- la quantité de fibres, vitamines et minéraux
- la teneur en sel.
Il est important de trouver dans les sandwichs suffisamment
de protéines sans trop de graisses car il sera
difficile d’obtenir avec les autres repas un équilibre
satisfaisant entre protéines et graisses. Les fibres,
vitamines et minéraux se retrouvent rarement dans
les sandwichs, sauf pour les sandwichs aux crudités
et au pain complet et au fromage. Quant à la teneur
en sel, elle est plus facilement contrôlable en
industrie qu’en boulangerie.
Donc, la consommation de sandwichs doit
respecter quelques règles :
- privilégier les sandwichs les moins gras, les
plus riches en crudités, en protéines (le
jambon et le saumon sont préférables aux
rillettes), les sandwichs au pain complet
- compléter par un fruit et un aliment lacté
(yaourt, fromage…) et non par un yaourt aux fruits
trop sucré
- éviter la boisson sucrée et la pâtisserie
- compenser au dîner par de la viande, des légumes,
des aliments lactés et des fruits.
De leur côté, les fabricants
privilégieront le pain complet et éviteront
le pain de mie (absence de fibres et index glycémique
élevé). Ils augmenteront la part des crudités
(pour diminuer la densité calorique), veilleront
à l’apport de protéines (15 à
20 grammes), réduiront la teneur en sel et les
graisses saturées (moins de mayonnaise, plus de
poisson), privilégieront dans un package les apports
lactés et les fruits (et non les pâtisseries)
et fourniront un étiquetage informatif, même
s’il n’est pas encore obligatoire.
En résumé, les sandwichs
peuvent s’intégrer à l’équilibre
nutritionnel à condition que leur usage ne soit
pas systématique, que le consommateur puisse faire
des choix adaptés à son besoin et que les
fabricants soient capables de combiner qualité
organoleptique et nutritionnelle. |