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Le kébab reste autorisé par l’Union Européenne

Le kébab reste autorisé par l’Union EuropéennePhoto: Joanne Wan

Vous avez certainement entendu parler des phosphates. Dans les années 1990, ceux présents dans les lessives étaient accusés de provoquer la croissance des algues à l’embouchure des rivières. Sachez qu’ils sont utilisés comme additifs dans certains aliments grâce à leur propriété de rétention de l’eau et de conservation de la saveur. Mais là aussi se pose la question de leur nocivité puisque des études récentes montrent qu’ils augmentent les risques cardiovasculaires et, par conséquent, la mortalité.

Les phosphates sont normalement interdits dans l’Union Européenne sauf dérogation. Et il existe une ambiguïté concernant la viande surgelée, un flou utilisé par les fabricants de viande à kébab. La Commission Européenne, par la voix de la commission de la santé, a soumis au Parlement Européen en décembre 2017 une proposition visant à les supprimer purement et simplement de l’alimentation commercialisée dans l’Union Européenne.

La colère gronde non seulement en Turquie, la mère patrie du Döner Kebap, mais également en Allemagne. C’est en effet dans ce pays qu’on enregistre la plus forte consommation de ce sandwich, en raison de la forte population immigrée d’origine turque. L’Allemagne est également le plus gros producteur de viande à kébab, qui est exportée dans toute l’Europe : 80% de la viande à kébab consommée en Europe vient d’Allemagne. A tel point que les industriels du secteurs affirment que cette mesure, si elle entre en vigueur, mettrait en péril 120.000 emplois outre-Rhin et même 200.000 dans l’Union Européenne. Selon certains, les phosphates seraient en effet indispensables pour pouvoir agglomérer la viande des kébabs, mais d’autres affirment qu’il se fabrique déjà de la viande sans phosphate et que le principal intérêt des phosphates pour les industriels est de retenir l’eau qui peut être vendue au prix de la viande.

Cette polémique est très injustifiée et probablement instrumentalisée, car quel que soit le résultat du vote, il n’y aurait aucune conséquence sur l’autorisation de la vente des kébabs. En attendant, le Parlement Européen a tranché le 13 décembre 2017 ce problème de viande. A l’issue d’un vote serré de 373 voix sur les 376 nécessaires pour l’interdiction, les phosphates seront formellement autorisés dans la viande à kébab surgelée.

Mais ce n’est que partie remise. L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) doit remettre son rapport sur les additifs phosphatés dans un an. Il est alors possible que cette autorisation repasse sur le billot.

Publié le 28/12/2017
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